Béatrice passionnément poésies

Béatrice passionnément poésies

Le clown

     Le clown

 

 

 

Assis devant la scène,

 

vous attendez, sourire aux lèvres

 

Le clown que vous accueillerez

 

à gorge déployée.

 

Le rideau se lève,

 

sa voix s’élève...

 

Galipettes avec les mots,

 

vers rigolos,

 

parfois indicateurs d'un message

 

Mais vous n'entendez pas,

 

ces phrases qui sonnent la sentence.

 

Parfois, une larme blanche coule,

 

invisible sous son maquillage.

 

Son cœur saigne, triste évidence

 

Vous qui riez si fort d'un rire gras

 

Le spectacle fini, il fait une révérence,

 

puis s'en va rejoindre sa loge et là,

 

tombe le masque blanc,

 

Ses yeux deviennent froids,

 

son rire puissant.

 

Un ton moqueur, effrayant,

 

vous figez sur vos sièges, d’effroi ;

 

Attention, que savez-vous de lui ?

 

Ses blagues, voilent son exil,

 

Oh non! Faire rire ce n'est pas facile.

 

Sous ces airs joyeux,

 

se cache un cœur blessé, malheureux ;

 

Pour lui, vous êtes coupable,

 

des pantins idiots, ces victimes.

 

Votre vie est dans son cartable

 

Bientôt, vous serez acteurs,

 

de votre propre mort en comptine.

 

Le clown vous a amusé, vous spectateurs,

 

À présent, vous allez périr sans les honneurs.

 

Le clown, les profondeurs des abîmes,

 

il connaît depuis trop longtemps.

 

Sans amis, sans amour, juste lui et ses mimes ;

 

Devenu aigri, le temps a tout accompli.

 

Satan guide ses pas en éclaireur.

 

Oh, vous ne l'avez pas vu revenir,

 

Pétrifiés, le cul cloué sur votre chaise.

 

Vos gloussements résonnent la terreur,

 

La faucheuse, dans un fou rire, à son aise,

 

vous glace le sang.

 

La salle plonge dans un silence funéraire.

 

Le clown...

 

Ses mensonges maquillés en récréations,

 

sont les vérités de ses songes, qui le rongent ;

 

Le clown, il enfante le crime.

 

Il vous hait, vous, les personnages de ses rimes,

 

Impures, hypocrites, oui, vous êtes maudit.

 

Le clown, vous a tué,

 

Le rideau s'est fermé,

 

Mais la sentence ne l'a pas libéré.

 

Demain, un autre gala,

 

Les spectateurs riront,

 

et s'éteindront.

 

Le clown jamais satisfait,

 

ses méfaits hantent ses nuits ;

 

Vos rires, son insomnie.

 

dans ses draps rubis,

 

Le clown vous ouvre la porte des ténèbres,

 

Les bras de la mort funèbre.

 

Et si un fou rire, animal !

 

était sa délivrance final

 

Libérant le diable, l'âme du mal.

 

 

 

                    Béatrice Montagnac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



16/08/2017
8 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 58 autres membres