Béatrice passionnément poésies

Béatrice passionnément poésies

Le fils

               Le fils

 

Une main, celle d'une femme, elle était mariée, une trace blanche, comme indice, à son doigt bleuté, triste découverte sur cette allée déserte, prés d'une gare abandonnée. Un crime de cœur, ou a t'elle croisé la route d'un tueur en série.

Le lendemain, une enquête est ouverte, rien, aucun corps n'était à proximité de la main. Qui était- elle, mystère, bientôt, le saurions-nous ?

Son nom, son histoire, était elle une maîtresse, ou un témoin gênant, tout simplement une personne morte pour rien.

Ce jour arrive enfin, son corps est retrouvé dans un bois, à quelques kilomètres de là. Elle à été battue et violée, post-mortel.

Conclusion, on lui aurait coupé la main avant de l'étrangler, puis elle aurait été déposée ici pour assouvir la folie du tueur.

Un nom sur la belle inconnue, Eugénie Traipeur. Prostitué pour survivre, sans emploi stable, depuis des années, des années de galère, la rue est la misère.

Mais elle était restée digne, sans jamais se plaindre de son destin cruel, que des gens indignes lui avait infligé, elle qui leur avait tout donné.

D'après les témoignages recueillis du voisinage.

 

Son fils, lui qui la cherchait depuis longtemps, pour réparer ses fautes d'autant.

Apprit la nouvelle par la radio.

Il prend le premier train, le lendemain matin, il fait froid ce jour-là un onze novembre. Quelques heures plus tard il arrive sur le quai de la nouvelle gare du village de son enfance que sa mère n'a jamais quitté, à Vatan dans l'inde.

Il ne saura en aucun cas, si elle lui aurait pardonné, sa lâcheté, lui qui était parti alors qu'elle était seule contre eux, ses gens sans pitié, qui l’exploitaient. Il venait d'avoir dix-huit ans il était encore un enfant qui avait fuit la violence de ses gens.

Les remords, maintenant, seront ces compagnons de toujours.

Il cherchera celui où celle qui lui a enlevé, sa mère. Les jours passent et les semaines, enfin, il retrouve l'assassin et avec courage, le livrer à la police. L'assassin sera jugé et condamné à la peine maximale.

 

Lui il ne pourra plus lui parler, demandé pardon, la douleur est là oppressante et lourde de regrets. Elle sa mère, la nuit l'a enveloppé à jamais, sans avoir revu, son enfant, elle l'avait tant espéré, mais la mort à balayé tout espoirs.

 

Que découvrira-t-il ? Les ténèbres de sa vie tumultueuses, dont il ne connaissait rien, ou une femme innocente, victime d'une âme tourmentée, car l'homme n'a jamais donné les raisons de son acte insensé.

La folie d'un homme assoiffé de sang. Peut-être n'était-elle pas sa première victime ?

Pourquoi sur le quai d'une gare abandonnée ?

Un fantasme peut-être ?

 

Lui le fils, pourra t'il faire son deuil, le deuil de sa mère qu'il aimait de tout son être, jamais elle ne saura aujourd'hui, combien il avait regretté son geste lâche.

 

Il est revenu dans le village de son enfance, pour la retrouver, un crime a fermé la porte à ses espoirs. Les attentes d'un homme qui voulait ce réconcilié avec sa mère.

Que lui reste t il ?

Le néant d'un avenir qui n'a plus de lendemain, juste un chemin, au bout, la mort l'appelle à l’horizon pour apaiser ses remords.

 

Deux vies qui se retrouvent aujourd'hui dans l'autre monde.

Car un jour, l'une d'elles s'est arrêtée sur le quai d'une gare.

Et, l'autre mit fin à ses jours.

 

                      Béatrice Montagnac



03/11/2017
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