Béatrice passionnément poésies

Béatrice passionnément poésies

La femme oubliée

      La femme oubliée

 

Elle est là, assise sur son banc,

Elle regarde tous ces gens

Qui marchent indifférents.

Évidemment, surtout ne pas voir

Le miroir de la misère,

Qui l'habille de noir.

 

Elle a froid au cœur

Cela vous indiffère,

Toute cette douleur

Vous n'avez que faire,

De sa lente pente aux enfers.

Le fer de vos lois, a brisé sa fois ;

Sans toit, elle erre dans les rues

Au parfum d'éther.

 

Elle avait une maison, un mari, des enfants,

Aujourd’hui, ils sont partis, pourquoi ?

La honte, de quoi ?

Elle est bien seule, maintenant,

Sa tanière, c'est une halle d'immeuble.

L'amour, ne meuble plus son cœur

Son corps est mort, sans caresses,

Tout s'est évanoui, sans tendresse

Sa vie n'est plus que détresse.

 

Et pourtant, vous, qui étiez ses amis,

Inflexible, vous lui avez fermé votre porte.

Insipide est sa vie, la solitude, elle supporte !

Elle, vous a certainement beaucoup donné,

Elle vous a aimé,

L'avez vous oublié ?

 

Elle dormira encore ce soir

À ciel ouvert, sur son banc, son dortoir,

D'un sommeil, noir de cauchemars.

Vous, vous jouirez d'une belle la nuit,

Dans un lit bien chaud pénard

Bordé de draps de soie fleurie,

Vous ferez l'amour,

Sans vous soucier d'elle,

Même pas un jour,

Que vous feriez attention à elle.

 

Ce matin encore, elle est là, sur son banc,

Le regard perdu dans le vent

Son visage est mouillé de larmes,

Son sourire s'est effacé,

 

La tristesse l'a maquillé !

Meurtrie au plus profond de son âme,

Elle sombre dans la solitude,

Cet océan d'incertitude.

Le néant, la noie dans son errance,

Sans avenir avec sa souffrance.

 

Elle est devenue une ombre.

Elle sombre dans la pénombre.

Elle doit se battre sur tous les fronts,

Sans amis, sans amour, juste, un pont !

Peut-être un chat, un chien, un pigeon

Qui la regardera avec compassion.

Cela, c'est bien chaleureux sans façon !

Hélas, ils sont impuissants,

face à la méchanceté des hommes.

 

Elle, cette femme abandonnée,

Elle fut autrefois, belle et charmante,

Elle a toutefois encore du charme.

Sa beauté, c'est son âme, hélas mourante.

Vous, votre méchanceté est dans votre âme,

Auriez-vous un jour un peu de bonté ?

 

Un matin, elle est décédée,

Sur son banc, dans l'indifférence,

Tenant dans sa main gelée,

Une photo de vacances,

Celle du bonheur envolé.

 

Personne ne mérite un tel déshonneur.

Mourir dans l'oubli, de la dernière heure.

Oh, je ne vous fais pas un dessin.

Demain, cela pourrait être votre destin.

Vous subirez le même sort,

Vous qui lui avez fait du tort.

Le croc-mort vous tendra sa main gantée

À vous, qui l'avez laissé et ignoré.

 

Elle a rejoint tant d'autres SDF.

Morts sur un banc de la SNCF.

 

            Béatrice Montagnac

 

 

 

 



14/07/2017
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